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1 UR2 UFRALC - Université Rennes 2 - UFR Arts, Lettres, Communication

Résumé : -Dans son livre consacré à l-économie des échanges linguistiques, le sociologue Pierre Bourdieu renouvelait – autant qu-il la dépassait – une tradition, notammentissue du philosophe allemand Emmanuel Kant, et concernée par l-étude des interprétations du parler et de la langue. Ce que parler veut dire1 envisage ainsi l-inauguration d-une « herméneutique pragmatique » de la linguistique, en quelque sorte, en considérant celle-ci comme l-un des outils d-une étude beaucoup plus vaste, celle du champ social. Plus encore, Bourdieu est peut-être en France l-un de ceux qui, mettant à profit l-expérience et les leçons de pragmatisme des sciences sociales nord-américaines, amène la linguistique – en même temps qu-il la confronte – aux usages des locuteurs eux-mêmes, autrement dit à leur appartenance au monde social tout autant qu-à leur portée symbolique. Telle une apostrophe, au passage, à ceux qui – quantitativement – ne sont pas supposés lire ses livres. Cependant, Bourdieu dé-conforte et déconstruit - en France - l-idée même d-une langue indépendante des conditions de sa naissance, et aboli de fait le paradigme scientifique de « la plus naturelle des sciences sociales »2, qui avait jusque-là séparé l-instrument linguistique de ses conditions sociales de production et d-utilisation, renvoyant – implicitement – chaque locuteur à sa responsabilité, à sa conscience. « Instrument de communication, la langue est aussi signe extérieur de richesse et un instrument de pouvoir. Et la science sociale doit essayer de rendre raison de ce qui est bien, si l-on y songe, un fait de magie : on peut agir avec des mots, ordres ou mots d-ordre.La force qui agit dans les mots est-elle dans les paroles ou dans les porte- paroles ? ». Or, pour cette modeste tentative d-analyse socio-sémiotique, nous avons été tenté – audacieusement, sans aucun doute – d-éclairer notre sujet un objet et un instant de communication sous l-éclairage du « fait de magie », soit encore du point de vue des forces qui agissent lors de la production, de la diffusion et de la réception d-un objet de communication, ici exceptionnel s-agissant du logo je suis Charlie, et nous verrons dans quels termes. A défaut de pouvoir prétendre à fixer exactement le sens d-un tel objet, à l-instar d-une œuvre musicale, par exemple, ou plus généralement d-une œuvre d-art, il s-agit bien pour nous de méditer brièvement sur la complexité du contexte dans lequel des principes de langages et d-images prennent sens, comme autant de manières dont au fond notre monde se raconte. Pour cela, il a été précieux de repérer quelques grilles et modèles théoriques, dans l-histoire récente de l-interprétation des « signes sociaux », afin d-observer au plus près comment se forme aujourd-hui un cas très spectaculaire, si l-on peut dire, de discours - ici un logo - dans les nouveaux médias, et tout particulièrement sur le réseau social Twitter. En effet, le mois de janvier 2015 inaugura l-année nouvelle par une suite de phénomènes médiatiques, politiques et sociaux d-une ampleur tout aussi considérable que les évènements qui les avaient déclenchés, lesquels furent parfois ombragés - voire occultés - par leurs effets eux-mêmes. Le 7 janvier dernier, comme l-on sait, onze contributeurs du journal satirique Charlie Hebdo furent assassinés au siège de l-hebdomadaire par deux français, C. et S. Kouachi, soient deux jeunes frères convertis à une forme minoritaire d-islam radical guerrier se réclamant d-AQPA. Dans leur fuite, les deux criminels allaient se mettre en scène de façon très innovante, en quelque sorte, devant les caméras des téléphones portables de policiers et témoins, poursuivant leur crime en direct et dans l-espace public, invoquant le nom du prophète de l-Islam, dans ce qui semblait constituer pour eux une façon de cri de guerre. Ces scènes, à l-instar de celle de l-assassinat du policier Ahmed Merabet, abattu à terre dans la rue, ont été ainsi retransmises immédiatement sur les principaux réseaux sociaux, en un flux record, et exploitées dès le 8 janvier jusque dans les grands journaux internationaux. internationaux6.Le jour même de l-attentat, un logotype va se distinguer parmi le bruit du Web, pour se diffuser à très grande vitesse virale sur les réseaux, et devenir l-un des principaux symboles de toute cette période fortement anomique.Cette image, Je suis Charlie, est ainsi immédiatement incorporée, désormais, dans l-inscription mémorielle de ces massacres et – nous le verrons – fut probablement très opérante dans l-énonciation d-un deuil national, traduit à la fois en des champs intimes et individuels, mais aussi collectifs et institutionnels. Nous avons donc choisi cette image en vertu de différents critères :• Parce que cette image s-est chargée en tant que « véhicule- signifiant », et de façon extrêmement rapide, elle est devenue paradigmatique, de notre point de vue, révélant tout autant le contexte diffus qui l-a portée, que d-autres signes, différents, comme autant d-indices culturels opérant progressivement à l-insu même de son émetteur.• Parce que, nous le verrons, cette image fut naturellement exploitée, collectivement, institutionnellement, politiquement et médiatiquement, et associée en tant que telle à différents discours de domination sociale, en principe rigoureusement cryptés. Soit une manière d-icône à la fois très simple, et en réalité, nous le verrons, très « agile ».• Enfin, le logo Je suis Charlie est devenu par cette agilité une image « conventionnelle »7 des luttes de forces sociales en France, sa réception ayant été tout autant spectaculaire dans sa version négative, le « ne » prenant alors valeur d-indice identitaire.Concrètement, nous en étudierons donc les conditions de son émergence et de sa production, puis le dispositif lui-même en détail, avant de nous intéresser finalement à sa réception.

Mots-clés : Je suis Charlie analyse socio-sémiotique du logo je suis Charlie Attentats de Paris





Autor: Yann Guéguen -

Fuente: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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