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1 CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique

Résumé : La référence à la notion de radicalisation, en sciences sociales comme dans les discours politiques et médiatique, est récente. Elle a commencé a émergé à partir des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis Khosrokhavar, 2014, p. 7 mais intervient de façon beaucoup plus tardive en France et de façon marquée à partir de 2013 Guibet Lafaye et Brochard, 2016. Ces événements ont donné lieu, aux Etats-Unis, à la promotion de recherches sur le terrorisme et sur les phénomènes susceptibles de pousser à des actions violentes, la « radicalisation » devenant une notion cardinale pour expliquer la genèse des groupes concernés Khosrokhavar, 2014, p. 7 . En somme, le recours au vocabulaire de la radicalisation s’inscrit dans une intentionnalité politique – dont on a vu l’affirmation en France depuis 2012 et surtout 2015 – participant d’un processus d’étiquetage. On évoque également le « fanatisme », le « choc des civilisations », la « folie meurtrière ». Pourtant ces explications du radicalisme « ne résistent pas à un examen attentif des conditions concrètes du jeu politique et de la situation socioéconomique du pays que s’attache à restituer nombre de travaux en sociologie, en sociologie politique et en histoire, montrant que pour comprendre la radicalité politique, il faut s’intéresser aux processus de radicalisation dont elle n’est qu’une des issues possibles voir Collovald et Gaïti, 2006, p. 12. Une approche raisonnée de ces phénomènes et processus suppose de faire entrer, dans l’analyse, les luttes de définition et de stigmatisation intellectuelle et politique dont le phénomène est l’objet – celles qui ont lieu sur le moment, celles qui ont lieu après coup. Il convient également de repérer la variation des interprétations et la fluctuation des représentations sur ce qu’il est permis d’être ou de faire, ce qu’il est envisageable de dire ou ce qui ne l’est pas – aujourd’hui eu égard à la laïcité par exemple – et enfin d’envisager l’événement et ce qu’il engendre se produit du fait même de son accomplissement. Nous envisagerons ici plusieurs aspects de la question de la radicalité : en premier lieu, le phénomène d’étiquetage qui advient par la désignation du radical ou de ce qui est radical, puis les approches proposées par les sciences humaines des processus de radicalisation. Nous proposerons enfin une critique des approches subjectivistes de la radicalisation, lesquelles sont celles qui reçoivent aujourd’hui, dans le débat public et politique, le plus d’échos.

Mots-clés : Radicalisation sciences sociales méthodologie mouvements sociaux





Autor: Caroline Guibet Lafaye -

Fuente: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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