Un métro qui ne sait pas qui il est. Pour une sociologie qui accepte les objets, les hésitations des acteurs et leurs actes manquésReportar como inadecuado




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1 LATTS - Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés

Résumé : Le relatif désintérêt constaté pour la sociologie du travail tient probablement à sa moindre capacité à être une discipline susceptible de nous aider à comprendre les transformations de nos sociétés. Le détour par le travail ne semble pas ou plus productif pour saisir la manière dont les changements prennent forme. L-analyse du travail servirait essentiellement à comprendre le travailleur. Si le tournant pragmatique et descriptif a permis de renouveler les approches du travail, il n-a pas pour autant permis de sortir de l-espace productif. Mais en ne s-intéressant que peu aux objets, aux marchandises, la sociologie du travail s-est, en quelque sorte, interdit de pouvoir faire un lien entre la constitution des rapports de travail et de production, la forme des objets et les modes d-usage, de pouvoir donc éclairer, depuis la production, les processus d-innovation. Elle a délégué, en quelque sorte, ce travail aux sociologues de l-innovation et à leur acteur-réseau. Ceux-ci ont montré tout l-intérêt d-une approche qui s-intéresse à la production des objets, au travail de mise en forme, aux débats qu-elle suscite. Cette sociologie de l-innovation est, au fond, une sociologie du travail qui a pris au sérieux ce que « fabriquent » les acteurs. Il s-agit en fait, plus précisément, d-une sociologie de la production dont on peut constater l-intérêt heuristique. Pour autant cette nouvelle sociologie bute sur la prise en compte des milieux de travail. Autant elle est à l-aise avec des individualités, des inventions, des processus inédits autant elle semble désarmée à saisir des individus subordonnés et des situations routinières. Ce désarroi est, en particulier, perceptible dans un des textes fondateurs de ce courant dont le titre parle de « domestication des coquilles St-Jacques et des marins pêcheurs » mais laisse dans l-ombre les chercheurs. Les marins n-ont pas plus que les coquilles St-Jacques, la voix au chapitre. Ils sont parlés par d-autres. Cette sociologie suppose également une certaine transparence des interactions même si elles ne font pas toutes l-objet d-une explicitation de la part des « acteurs-eux-mêmes ». Un mensonge trouverait difficilement sa place, un acte manqué ou un lapsus ne serait pas considéré autrement que comme une donnée aberrante dont il convient de ne rien faire. Nous voudrions, à partir d-une série d-enquête et de recherches effectuées depuis une dizaine d-années sur le métro parisien, essayer de voir en quoi la prise en compte des actes manqués, des lapsus, des manières de dire et de ne pas dire spécifique à un milieu de travail peut constituer une entrée pour éclairer d-un jour nouveau un processus d-innovation, celui d-un métro automatique, Météor-ligne 14. À partir d-un discours inaugural prononcé par le PDG de la RATP, d-image publicitaire, de dessins publiés en interne à la RATP, de compte rendus de réunion inter-directions, d-entretiens et d-observations, on développera une « stratégie indiciaire » pour constituer un autre réseau de faits et d-acteurs que celui que pourrait décrire un sociologue de l-innovation pour retracer cette invention. Dans ce cadre, il s-agira d-éprouver l-intérêt d-un détour par le travail pour comprendre la production d-un métro qui contribue à mettre en forme de manière spécifique notre société.

Mots-clés : métro discours lapsus acte manqué sociologie de l-innovation sociologie du travail





Autor: Robin Foot -

Fuente: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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