Les conditions de la performativité et lefficacité des actes de parole – réponse à J. ButlerReportar como inadecuado




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1 CURAPP-ESS - Centre universitaire de recherches sur l-action publique et le politique. Epistémologie et Sciences sociales

Résumé : S-inscrivant dans un débat propre au champ intellectuel américain, qui concerne le « hate speech » (le discours de haine, dans lesquels il faut classer les discours racistes, sexistes, attentatoires à la dignité de la personne en général), J. Butler entend montrer que, si la parole peut avoir une efficacité, éventuellement offensante, celle-ci n-est pas irréfragable. A supposer que la parole puisse, dans le cas d-un discours injurieux, offenser, cette offense ne serait pas l-effet nécessaire de la parole et l-on pourrait toujours la contrecarrer et utiliser cette même parole, en la subvertissant, pour d-autres fins. C-est ce qu-auraient réussi à faire, selon elle, des communautés homosexuelles ou noires, lorsqu-elles ont repris des termes insultants pour en faire des termes valorisants. Ce débat s-est concentré sur la notion de « performativité » : l-efficacité linguistique est en effet pensée depuis Austin et la théorie des actes de langage1 comme étant une propriété propre au langage, de telle sorte que le langage peut lui-même être considéré comme constitué d-autant d-actes. L-exemple le plus insigne en est la promesse ou le baptême : en disant « Je te promets

. », je ne me borne pas à dire que je promets, mais je réalise bel et bien la promesse. Telle est l-efficacité performative ? pour faire court : celle qui réalise, par le langage, ce dont il est question dans ce même langage. Un certain nombre de féministes ont utilisé cette analyse pour essayer de promouvoir l-idée que le discours sexiste, et notamment pornographique, constituait lui-même un acte offensant, en ce qu-il tendait à objectifier les femmes ou à les « identifier » de manière dégradante. C-est considérer que le discours a dans ce cadre une efficacité politique et-ou sociale redoutable, visant à réaliser ce dont il parle. L-idée est alors de recourir à cette analyse pour parvenir à interdire ce type de discours en tant qu-acte blessant ? tout comme on interdit toute forme de violence. J. Butler prend part à ce débat on reconnaissant la qualité performative du langage, mais en contestant l-idée qu-un type de langage donné (sexiste, pornographique) porterait nécessairement une certaine force-efficacité en soi, de par sa nature même. Procédant à une déconstruction de l-efficacité linguistique, elle entend plutôt montrer comment toutes les minorités mises en cause, susceptibles d-être offensées par ce type de discours, peuvent très bien le subvertir pour contrer les effets dégradants que veulent lui donner ses utilisateurs sexistes. A ce titre, elle mobilise la compréhension derridienne de l-efficacité performative pour essayer de montrer que l-efficacité d-un acte de langage n-est telle qu-à ne jamais être identique à elle-même ? qu-elle ne réside que dans une convocation-répétition d-une procédure qui affecte nécessairement ses conditions initiales. Ce faisant, elle en vient parfois à soutenir l-idée que quiconque peut reprendre à son compte l-efficacité du langage et est susceptible de contrer ses éventuels effets d-oppression. Nous voudrions montrer que cette position, intéressante dans son optimisme, est précisément vouée à l-échec en ce qu-elle semble parfois ignorer les conditions mêmes de l-efficacité performative, relatives à la position d-autorité (socialement constituée) des différents locuteurs. Revenant à la caractérisation austinienne, nous entendons rappeler que les conditions d-usage de la langue ne sont pas équitablement distribuées et conditionnent les possibilités, restreintes, de sa subversion.

Mots-clés : Judith Butler genre efficacité performative langage conditions sociales





Autor: Bruno Ambroise -

Fuente: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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