Bilan et perspectives de quinze ans dévaluation vocale par méthodes instrumentales et perceptivesReportar como inadecuado




Bilan et perspectives de quinze ans dévaluation vocale par méthodes instrumentales et perceptives - Descarga este documento en PDF. Documentación en PDF para descargar gratis. Disponible también para leer online.

* Corresponding author 1 LPL - Laboratoire Parole et Langage

Abstract : For fifteen years, we have developed and studied different techniques and methodologies to assess voice quality in a clinical context. This paper exposes recent results obtained by complementary approaches. 449 speakers (including 391 dysphonic patients) participated in the experiment where voice quality was evaluated by (1) perceptual voice assessment performed by a jury and (2) instrumental voice assessment using acoustic and aerodynamic data. Results showed that a combination of 7 instrumental measures allowed the classification of 82% voice samples in the same grade as the jury. We evaluate the methodological situation and we also discuss some theoretical aspects which are often forgotten in the performance race.

Résumé : Dans le domaine de la phonétique, l-analyse de la qualité de la voix est généralement intégrée dans l-étude des phénomènes paralinguistiques de la communication parlée (Laver, 1981). Actuellement, la majorité des études dans le domaine portent sur les relations entre l-état émotionnel du locuteur et les indices acoustiques portés par le signal vocal, ou encore sur la variabilité de la qualité de la voix en fonction de facteurs dialectaux et socioculturels (Gobl et al., 2003). Dans notre cas, depuis une quinzaine d-années (Giovanni et al., 1991), nous nous sommes penchés plus particulièrement sur les relations entre état physiologique du locuteur et qualité vocale, notamment dans un cadre clinique de dysfonctionnement du système pneumo phonatoire. Dans ce cadre de la prise en charge des dysphonies, l-étape de l-évaluation vocale est apparue nécessaire pour permettre des comparaisons entre les différentes formes de pathologies, entre patients, pour contrôler l-évolution longitudinale de l-état vocal ou encore des différentes solutions thérapeutiques. Les deux principales méthodes retenues sont le jugement perceptif et les mesures instrumentales multiparamétriques. La première méthode consiste à faire juger la qualité vocale de patients par des experts (phoniatres, orthophonistes) dont le rôle est de fournir un grade de dysphonie sur une échelle GRBAS proposée par Hirano (1981). Le principe est de faire lire au patient un texte normalisé dont l-énoncé enregistré est ensuite soumis en aveugle à quatre juges expérimentés qui attribuent une note entre 0 (normal) et 3 (dysphonie sévère) par catégorisation directe ou à travers des échelles analogiques visuelles interprétées (Yu et al., 2002). Dans la plupart des cas, seul le grade G (global, général) de la dysphonie est exploité. Du fait des limites rencontrées par cette approche (Bonastre et al., 2007), des mesures instrumentales sont effectuées parallèlement sur les patients à l-aide du dispositif EVA (Teston et al., 1995) qui permet d-obtenir des mesures acoustiques de stabilité laryngée (jitter, shimmer, coefficient de Lyapounov), des estimations de performance pneumo-phonatoire (étendue vocale, temps maximal de phonation) et des grandeurs aérodynamiques qui explorent de façon directe et sélective certains mécanismes comme la fuite glottique (par mesure de débit d-air oral) ou la tension de la source (par estimation de la pression sous-glottique). Dans une étude récente (Yu et al. , 2007), 449 locuteurs (incluant 391 patients dysphoniques) ont été soumis à cette double évaluation perceptive et instrumentale. Les résultats montrent qu-une combinaison de six paramètres physiques (Etendue vocale, Coefficient de Lyapounov, Pression Sous-glottique estimée, Temps maximal de phonation, débit d-air oral et rapport signal-bruit) autorisent une classification identique à l-évaluation perceptive dans 82% des cas. Ce résultat est encourageant par rapport à d-autres études comme celle de Wuyts et al. (2000) mais l-adéquation reste insuffisante pour une utilisation clinique de routine. Nous pensons qu-il s-agit essentiellement d-une limite méthodologique liée à la relation non bijective entre espace perceptif et mesures physiques. De plus, les techniques instrumentales utilisées ont été conçues pour une approche analytique descendante fondée sur la mesure objective (ex : soupçon de fuite glottique => mesure de débit d-air) alors qu-elles sont utilisées comme des -machines à écouter- avec une approche montante, globale et -aveugle-. Nos perspectives sont diverses. Tout d-abord, l-utilisation de techniques issues de la reconnaissance automatique du locuteur adaptées à la classification du grade de dysphonie semble prometteuse (Pouchoulin et al., 2007) car ces méthodes sont aptes, du fait de la phase d-apprentissage, à -imiter- le jugement perceptif. D-autre part, les techniques instrumentales -classiques- devraient s-utiliser pour la mesure objective à des fins de suivi longitudinal ou d-évaluation ciblée sur une ou quelques dimensions du dysfonctionnement vocal. Enfin, l-étude des relations entre perception et signal vocal devrait être appréhendée pour se rapprocher d-une évaluation auditive plus précise, comme celle de l-intelligibilité, et moins globale comme proposé par Hammarberg et al. (1980), avec notamment des liens avec la physiopathologie. Le recours à de la synthèse de voix pathologiques serait d-un grand intérêt pour explorer les relations perception-acoustique et pour avoir des matériaux calibrés pour tester les techniques de mesures objectives.

Mots-clés : voice quality dysphonia perceptual evaluation instrumental voice assessment qualité vocale dysphonie évaluation perceptive de la voix évaluation instrumentale de la voix





Autor: Alain Ghio - Antoine Giovanni - Bernard Teston - Joana Révis - Ping Yu - Maurice Ouaknine - Danièle Robert - Thierry Legou -

Fuente: https://hal.archives-ouvertes.fr/



DESCARGAR PDF




Documentos relacionados